4.21.2009

ಫಾಯ ಬರ್ನಿಂಗ್ ಇನ ದಿ ಬಬ್ಯ್ಲೋನ್

""Le miracle des Ardents" de 994.

Ci-dessus à gauche le sarcophage attribué dans un premier temps à saint Martial et à ses côtés celui de sainte Valérie. Après une relecture du texte de Grégoire de Tours (538-594) et de ce qu'on sait des pèlerinages au tombeau de saint Martial, il s'agirait des tombes de ses deux compagnons, saint Alpinien et saint Austriclinien. Le sarcophage de saint Martial serait celui de droite et attribué à Tève le Duc dont le nom n'apparaît qu'à la fin du premier millénaire. Quoiqu'il en soit la sépulture de saint Martial se trouvait à cet endroit.

Le Mal des Ardents, appelé encore feu sacré, feu Saint Antoine, a sévi à plusieurs reprises sous la forme épidémique dans certaines provinces de France, en Allemagne, en Espagne et en Sicile du Xème au XIIème siècles. En 994, de grandes pluies ravagèrent l'Aquitaine. Le seigle était alors l'aliment de base de nos populations. Dans ces conditions l'ergot de seigle se développa et fut la cause de l'épidémie. L'ergotisme gangreneux trouva au sein de populations aux conditions de vie précaires et rudes, un terrain de choix pour se propager. Le terrible fléau apparut à Limoges ainsi que dans toute l'Aquitaine, la Touraine et jusqu'en Bourgogne.

Dans la foi vivante de cette époque, les Lémovices implorèrent avec une très grande ferveur leur Saint protecteur, saint Martial. Devant tant de détresse, l'évêque Hilduin sacré Évêque de Limoges en 990, en accord avec son frère, l'abbé de Saint Martial, Geoffroy Ier, convoqua à Limoges tous les évêques de l'Aquitaine pour y célébrer avec eux une cérémonie d'intercession. Un jeûne de trois jours et de prières précéda ce grand rassemblement.

Le 12 Novembre 994, l'abbé de Saint Martial Geoffroy Ier, Hilduin Évêque de Limoges, Gondebaud archevêque de Bordeaux et l'archevêque de Bourges, les évêques d'Angoulême, de Clermont, de Mende, de Périgueux, de Poitiers, du Puy et de Saintes, les moines de l'abbaye de Saint Martial, Guillaume IV duc d'Aquitaine, suivis d'une foule immense de pèlerins portèrent en une procession solennelle les Reliques des Saints Limousins, la Relique de saint Martial, de la basilique du Sauveur(1) sur une colline dominant la ville.

La contagion cessa soudain à la suite de cette première ostension des Saints Limousins. Le nom de Mont de la joie ou Montjovis fut donné à cette colline.

En signe de reconnaissance d'un tel miracle et pour en perpétuer le souvenir on décida d'élever en ce lieu une chapelle(2) qui prit le nom de Saint Martial de Mont-Jauvy. Elle devait disparaître peu après la révolution.

Dans la joie de la santé retrouvée et mettant à profit la réunion à Limoges des évêques autour de l'évêque Hilduin, ceux-ci avisèrent d'imposer aux seigneurs un "Pacte de Paix et de Justice" avec menaces d'interdits contre ceux qui ne le respecteraient pas, leur enjoignant de limiter la guerre aux combattants et de respecter les populations et leurs biens. Dans un monde de sévices étaient jetés les germes de pacification, premier jalon de ce qui deviendra plus tard en 1040 sous l'influence de Saint Odilon de Cluny, la " Trêve de Dieu ".

Deux réflexions suggèrent les évènements de notre lointain passé :

Les moines de l'abbaye de Saint Martial vont recueillir de ce Miracle un surcroît de prestige pour leur abbaye et leur Saint Patron.

Les évêques manifestent par leur intervention en faveur de la paix leur rôle social de défenseurs des populations et des faibles. Ils restent fidèles à leur mission sacrée d'autant qu'eux mêmes appartiennent par leurs origines à ce même monde féodal.

(1) Aujourd'hui à l'emplacement de la Place de la République.

(2) Aujourd'hui à l'emplacement du Mémorial du Mont-Jovis. "

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